réel & imaginaire

Vivre et apprendre

Vis comme si tu devais mourir demain.
Apprends comme si tu devais vivre toujours.

 Gandhi






"Faire du chemin...c'est d'abord une expérience physique.
Parfois, c'est aussi une expérience spirituelle...
c'est découvrir des paysages emblématiques :
des territoires sans rupture entre réel et imaginaire qui nous changent la vie.

Nos vies ne sont plus les mêmes depuis que nous sommes à Corvo, l'île de nos terres de danse."

www.terres-de-danse.org
Corvo est la plus petite île habitée des Açores ainsi que la plus septentrionale.
Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 17:04

Imagine


imagine si ceci

  un jour ceci

   un beau jour

     imagine

       si un jour

         un beau jour

           ceci

             cessait

               imagine

Samuel Beckett, extrait de Mirlitonnades, Les éditions de Minuit, 1978

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : atelierlestitsmots
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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 16:44

Gilles Deleuze Un prodigieux bégaiement « sur le style ! »


Extrait de Gille Deleuze / Claire Parnet : Dialogues (Flammarion, 1977)

Je voudrais dire ce que c’est qu’un style. C’est la propriété de ceux dont on dit d’habitude "ils n’ont pas de style... ".
Ce n’est pas une structure signifiante, ni une organisation réfléchie, ni une inspiration spontanée ni une orchestration, ni une petite musique. C’est un agencement, un agencement d’énonciation.

Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue. C’est difficile parce qu’il faut qu’il y ait nécessité d’un tel bégaiement. Non pas être bègue dans sa parole, mais être bègue du langage lui-même. Etre comme un étranger dans sa propre langue. Faire une ligne de fuite. Les exemples les plus frappants pour moi: Kafka, Beckett, Gherasim Luca, Godard.

Gherasim Luca est un grand poète parmi les plus grands: il a inventé un prodigieux bégaiement, le sien. Il lui est arrivé de faire des lectures publiques de ses poèmes; deux cents personnes, et pourtant c’était un événement, c’est un événement qui passera par ces deux cents, n’appartenant à aucune école ou mouvement. Jamais les choses ne se passent là où on croit, ni par les chemins qu’on croit.

On peut toujours objecter que nous prenons des exemples favorables, Kafka juif tchèque écrivant en allemand, Beckett irlandais écrivant anglais et français, Luca d’origine roumaine, et même Godard Suisse. Et alors? Ce n’est le problème pour aucun d’eux.

Nous devons être bilingue même en une seule langue, nous devons avoir une langue mineure à l’intérieur de notre langue, nous devons faire de notre propre langue un usage mineur. Le multilinguisme n’est pas seulement la possession de plusieurs systèmes dont chacun serait homogène en lui-même; c’est d’abord la ligne de fuite ou de variation qui affecte chaque système en l’empêchant d’être homogène. Non pas parler comme un Irlandais ou un Roumain dans une autre langue que la sienne, mais au contraire parler dans sa langue à soi comme un étranger.

Proust dit: "Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. Sous chaque mot chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un contresens. Mais dans les beaux livres tous les contresens qu’on fait sont beaux."

C’est la bonne manière de lire: tous les contresens sont bons, à condition toutefois qu’ils ne consistent pas en interprétations, mais qu’ils concernent l’usage du livre, qu’ils en multiplient l’usage, qu’ils fassent encore une langue à l’intérieur de sa langue. " Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère..."

C’est la définition du style. Là aussi c’est une question de devenir. Les gens pensent toujours à un avenir majoritaire (quand je serai grand, quand j’aurai le pouvoir...).

Alors que le problème est celui d’un devenir-minoritaire: non pas faire semblant, non pas faire ou imiter l’enfant, le fou, la femme, l’animal, le bègue ou l’étranger, mais devenir tout cela, pour inventer de nouvelles forces ou de nouvelles armes.


Origine : http://www.remue.net/cont/deleuze1.html
Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : atelierlestitsmots
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /Juil /2007 02:10

Le viatique du non

 

Rouge-gorge, mon ami, qui arriviez

quand le parc était désert, cet automne,

votre chant fait s’ébouler des souvenirs

que les ogres voudraient bien entendre.

 

Parole, orage, glace et sang finiront

Par former un givre commun.

 

Si l’homme parfois ne fermait pas

souverainement les yeux, il finirait

par ne plus voir ce qui vaut d’être

regardé.

 

Sobres amandiers, oliviers batailleurs

et rêveurs, sur l’éventail du crépuscule,

postez notre étrange santé.

 

René Char

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Poésie
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Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 01:49

Tableau de mots N° 1 de La Lecture en couleurs de Caleb Gattegno

Voici un des 16 tableaux de mots dont chacun présente à peu près trente-cinq mots en couleurs.

©  Une Education Pour Demain

 

Tous les signes (graphèmes) représentant le même son sont de la même couleur.

Les mots écrits sur une même ligne ne sont pas nécessairement reliés par le sens. Cependant, les mots de n'importe quel tableau ou de tous les tableaux peuvent être reliés pour former des phrases et des paragraphes signifiants en les touchant avec un pointeur dans un certain ordre temporel.

Ces mots ont été choisis pour que les apprentis puissent se poser les questions essentielles à l'apprentissage de la lecture :

  • Dans quel sens lit-on en français? ("animal" et "lamina" sont côte à côte dans le premier tableau)
  • Pourquoi des mots écrits avec les mêmes successions de couleurs n'ont-ils pas les mêmes lettres (la même orthographe) ? Par exemple : "a" et "à", "la" et "là", "nul" et "nulle", "vingt" et "vain" etc ...
Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Elèves de l'IME"Les Oliviers",IM.Pro, Montpellier
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Samedi 16 juin 2007 6 16 /06 /Juin /2007 02:17



« J’ai dans mon regard » JE T’AIME !

Johan, I.M.Pro

 

« J’ai dans mon regard », des gâteaux aux chocolat toutes les recettes

J’ai dans mon regard tous les avis de tempêtes, d’orages et de pluie

Jérémy, I.M.Pro

 

« J’ai dans mon regard », la télévision et ordinateur,

J’ai dans mon regard, jolie une mamie,

J’ai dans mon regard, un gros papy,

J’ai dans mon regard Jérôme,

J’ai dans mon regard un parrain,

J’ai dans mon regard la météo,

J’ai dans mon regard marraine,

J’ai dans mon regard Solène,

J’ai dans mon regard naissance de petit bébé,

J’ai dans mon regard la musique,

J’ai dans mon regard un monde,

J’ai dans mon regard cirque,

J’ai dans mon regard le film,

J’ai dans mon regard la piscine,

J’ai dans mon regard sœur,

J’ai dans mon regard un théâtre,

J’ai dans mon regard jardin une fleur.

Mathieu, I.M.Pro

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Elèves de l'IME"Les Oliviers",IM.Pro, Montpellier
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 02:55


Brigitte Fontaine

- J'ai 26 Ans-

L'autoportrait

*** **

 album  : Comme À La Radio

J'ai vingt-six ans, mais seulement quatre d'utiles.

Je ne comprend rien à rien
J'ai peur des papillons
Mon père est mort à la guerre.

Quand j'étais petite j'avais un gilet en angora rose qui s'arrêtait avant les côtes flottantes
Les vieux messieurs m'aimaient beaucoup.

Je ne crois pas à l'expérience
Je me méfie des endroits clos
Je ressens la paresse comme une maladie
J'aime les rivières jaunes.

Il faut te dire que j'ai derrière l'oreille un coin de peau extraordinairement doux
Que j'aime les laitages et les bananes très mûres
Je souhaite toujours qu'un ouragan m'emporte
C'est pourquoi je me suis attachée sur ce fauteuil avec des sangles de vélo.

J'aime toutes les histoires qui commencent par "il était une fois"
Je hais le café au lait
Avant, les garçons me frottaient toujours les oreilles
Une fois j'ai vu les chars blindés sur l'avenue d'Orléans
J'aime les rengaines d'amour et les frites me font pleurer
Sur l'eau, les bateaux me suivent toujours
Ils me font peur... ils me font peur.

J'ai vécu très longtemps ici ou là, chez des ami
Un jour, j'ai cassé une table en marbre
J'aime les hommes pas rasés

J'ai souvent mal aux dents
J'ai faim quand il ne faut pas.

Voilà, tu sais tout.

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : atelierlestitsmots
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 02:07

Courir de peur, de frayeur

Ressentir de la haine

Tomber de haut

Réfléchir avant d’agir

Agir pour le bien

Penser à l’avenir

Hésiter pourtant pour faire le bon choix

Et sauter de joie

D’avoir des sentiments

Fourmiller jusqu’au bout des doigts

Paul, 6°4

 

L’inspiration ou idée

L’inspiration vient à l’idée quand on pense à quelque chose

L’inspiration vient comme ça, c’est un déclic

L’inspiration est

Élève, 6°

 

Avoir bec, plumes, griffes

Vendre sa coquille

Hésiter d’attaquer l’étranger

Se disperser dans ma forêt

Danser dans les chutes

Chanter mon nid

Être africain, être sans réponse, être sans savoir

Questionner mes enfants

Et fuir les musées

Ludovic, 6°4

 

Gertrude

Gertrude, un prénom qui a une sensation bizarroïde

Gertrude inspiration de l’esprit

Gertrude avec un ami Arthur

Vraiment ce gars il Gertrude !

Anthony, 6°3

 

Tina

Tina tu es ;  Tina est ; tu seras toujours Tina

Tina est Tina et ne seras plus tout

La vie de Tina est si Tina.

Tina vit avec Tina.

Tina, 6°

 

Dans ma tête a poussé une plante Tina

Elle a poussée au dehors Tina

Ses bulbes sont des tuyaux, des racines,

Ses fleurs, seules feuilles confuses de jour en jour Tina

Il a mordu pomme et il a vue une Tina

Tu as un homme

Il va sur internet

Je cherche le prénom Tina

Élève, 6°

 

J’aime les quatre couleurs :

Le rouge, le bleu,  vert, jaune

C’est beau, ça donne envie de vivre

Comme ça me donne envie de vivre

J’utiliserai tout le temps les quatre couleurs, je peux tricoter des peluches

Avec ces couleurs, au moins je pense à elles

Quand je pense à elles je l’aime quand j’ai peur je prends ma peluche

Elle me rassure, c’est vraiment bizarre comment on arrive à s’attacher à ces couleurs

Je les aime

Myriam & Lisa, 6°

 

J’avais l’impression d’être au dessus du vide

Comme si on était très haut

J’ai  l’impression que le corps se vide-

Car nous sommes si haut que…

Nafiya, 6°
Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Elèves du collège Fontcarrade, Montpellier
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Samedi 9 juin 2007 6 09 /06 /Juin /2007 23:25

Le chat

Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra
Le chat ferma les yeux
Le soleil y resta
Voilà pourquoi le soir
Quand le chat se réveille
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil


Maurice Carême (1899 - 1978) - l'Arlequin

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Poésie
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Samedi 9 juin 2007 6 09 /06 /Juin /2007 22:53

LA BALEINE

*merci à Mohamed, CP, pour ses récitations

Quand la baleine
A de la peine
Un grand jet d'eau
Pleure à son dos

Et tant de larmes
Font tel vacarme
Que son chagrin
Soulève un grain
Et sa souffrance
Est si intense
Que ses sanglots
Salent les flots

Robert Vigneau
Extraits de Bestiaire à Marie,
Editions éoliennes, Coll. Patapoésie, 2000.

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Poésie
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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /Juin /2007 17:04

Foncarrade, prison blanche, où dès que l’on parle les profs nous mettent un rappel à l’ordre.

Foncarrade, prison blanche, où dès que la sonnerie retenti nous devons nous mettre en rang.

Foncarrade, prison blanche, où des barreaux sont installés tout autour.

Foncarrade , prison blanche, où les plus grands se moquent de toi sans arrêt.

Foncarrade, prison blanche,  une joie pour les surveillants qui n’hésitent pas à te mettre un rapport.

Foncarrade, prison blanche, où les salles se ressemblent toutes.

Foncarrade, prison blanche, cela est vraiment un enfer pour les élèves.

Foncarrade, prison blanche, ici c’est pire que tout, je me demande comment ça sera à Orange.

Anthony, 6°3, mai 2007

 


Terre, planète rouge, où des arbres avec des cerises

Terre, planète rouge, où des animaux sauvages

Terre, planète rouge, où dedans l’eau des poissons rouges

Terre, planète rouge, où l’argent rouge comme un billet de 10 euros

Terre, planète rouge, j’aime tout ce qui est rouge

Élève, 6°4

 

Terre, planète rouge, des planètes où il y a des gens contents

Terre, planète rouge, où un astronome a un déguisement blanc avec un casque

Terre, planète rouge, où une fumée vole dans les airs

Terre, planète rouge

Élève, 6°4

 

Mon univers bleu, où dans une mer bleue des poissons rouges et des sirènes roses se voient

Mon univers bleu, où un ciel bleu avec son ami soleil jaune a un autre ami nuage gris

Mon univers bleu, un stylo bleu qui écrive à ma place et qui me fasse apprendre mes leçons

Mon univers bleu, où un ami a les yeux bleus

Mon univers bleu, une chemise pour un homme qui  va se marier

Mon univers bleu, mes veines bleues qui circulent de partout.

Myriam, 6°4

Par Estelle-Gabrielle - Publié dans : Elèves du collège Fontcarrade, Montpellier
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